Le Pic Saint-Michel au réveil, ça pique un peu…

Il y a des matins où l’on n’a pas envie de se lever. Il y a des nuits où à trois heures, la question de rester au lit ne se pose pas. La photo est ma plus grande source d’accomplissement. Enfin… Ce n’est pas d’entendre le déclenchement de l’appareil qui me plait, mais de jouer avec le soleil. L’un des fondements de la composition d’une image est lié à la lumière qui entre dans le capteur. J’ai tellement lu et entendu qu’il ne fallait pas faire de photo à contre-jour que j’en ai fait ma spécialité. Et une image sans cet ingrédient qu’est le soleil est pour moi une image ratée. J’exagère à peine !

J’ai tellement lu et entendu qu’il ne fallait pas faire de photo à contre-jour que j’en ai fait ma spécialité.

Je shoote avec Simon Masi depuis trois ans. Ensemble, nous avons progressé chacun dans nos arts respectifs. Lui en VTT et trial (surtout dans les liens qu’il a noué avec ses partenaires), moi en photo. Chaque été, nous cherchons de nouveaux spots, de nouvelles idées. Car, oui, la photo est aussi une question de créativité. S’inspirer du travail d’autres photographes, évidemment. Recopier, non.

Simon pensait qu’un lever de soleil sur le Pic Saint-Michel, sommet de la chaine du Vercors plongeant sur le bassin grenoblois, avait un intérêt. “On peut tenter” dit-il parfois. Ce que j’aime bien, c’est son envie de prendre des risques.

Des shootings, nous en avons ratés mais lorsqu’ils sont réussis, cela vaut le coup.

Ne pas accepter de rater, ne pas prendre de risques, c’est la voie royale vers la médiocrité.

En photo, il faut sortir de sa fameuse zone de confort. Si tu aimes la photo, le premier conseil que je peux te donner, c’est de te mettre en mode manuel. Pour comprendre les réglages. Le second, c’est d’utiliser une focale fixe à grande ouverture (de f/2.8 jusqu’à f/1.2). Oui, tu rateras plein de photos mais tu en réussiras aussi. Ne pas accepter de rater, ne pas prendre de risques, c’est la voie royale vers la médiocrité.

Revenons à nos moutons. Comme un ancien, je regarde la météo tous les jours. Nous calons le shooting au dimanche. Ce jour-là, le ciel semble libéré de tout voile, de tout nuage qui lui retire de sa beauté naturelle. Je rejoins Simon à quatre heures à Lans-en-Vercors et nous partons à la frontale vers le sommet du Pic Saint-Michel où nous devrions arriver avant le soleil. Simon porte son vélo sur le dos. Une quinzaine de kilos. Alors j’ai d’autant plus conscience qu’il faudra que je sois bon. La météo aussi.

Arrivés sur les hauteurs, nous repérons le spot qui nous semble le plus propice à de belles images. Nous sommes en place, les images que je veux réaliser sont imprimées dans ma tête. Quelques instants plus tard, le soleil pointe le bout de son nez. Je travaille avec un flash déporté. Je le déplace, je change d’angles, de réglages. Tout va très vite. 15mn après les premiers rayons apparus, le soleil a perdu sa chaleur jaunâtre que j’aime tant. Le rythme cardiaque redescend. Le plus gros du travail est fait. Nous poursuivons le long des crêtes vers d’autres spots mais les lumières sont moins belles.

Je change d’objectif (un zoom 135mm) alors que la plupart du travail au lever de soleil est réalisé au grand angle avec un 16–35mm. Nous profitons des derniers instants avant d’entamer la redescente par le col de l’Arc.

Nous vivons des instants magiques, nous sommes seuls sur ces magnifiques pentes du Vercors, nous avons l’impression d’être au milieu de la journée alors qu’il n’est que 7h du matin. Il n’y a personne. Enfin presque…






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